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Les grands secrets magiques de l’Ordre du Temple.

Il serait assurément facile de nier qu’ait réellement existé un Cercle Templier occulte qui
aurait été détenteur de très redoutables secrets. On sait en effet à quel point il est facile d’ob-
tenir des « aveux » par la torture.
Il y a pourtant des documents qui attestent la réalité de secrets propres à l’Ordre du
Temple et réservés à une petite hiérarchie initiatique. Considérons déjà cette obligation faite
à tout chevalier de ne se confesser jamais qu’à un chapelain de l’Ordre.
On devait découvrir au XVIIIe siècle en Allemagne deux documents remontant au Moyen
Age, qui se révélèrent être bel et bien deux règles secrètes complétant, pour les seuls Chevaliers
qui atteignaient le vrai Cercle Intérieur de l’Ordre, la Règle ecclésiastique courante : ces docu-
ments trouvés à Hambourg sont la Règle des Frères Elus et la Règle des Frères Consolés. Gérard
Serbanesco (Histoire de l’Ordre des Templiers et des Croisades, tome i, chapitre 10) les commente
en détail et montre qu’il s’agit incontestablement de prescriptions destinées à sauvegarder les
secrets d’une Hiérarchie occulte, jalousement séparée du commun des membres de l’Ordre.
Qui avait pu transmettre leur ésotérisme aux Templiers ? La réponse est à trouver dans
les contacts qu’ils entretenaient avec une Chevalerie musulmane, rattachée aux Ismaéliens,
les « Assassins » ou disciples du « Vieux de la Montagne ». Voici ce que constatait, dans son
ouvrage Le secret de la chevalerie, l’ésotériste contemporain Victor Emile Michelet, en parlant
de ces deux Ordres chevaleresques :
« L’un et l’autre sont construits sur les mêmes doctrines secrètes, sur un ésotérisme unique
et invariable, qui sourd à travers le monde sous des voiles différents, comme la lumière unique
à travers le prisme se décompose en rayons multicolores ».
Il existe une dérivation courante du nom de l’Ordre des Assassins, qui fait remonter l’éty-
mologie à Haschichin, mangeur ou fumeur de haschich car, affirmaient les adversaires de
l’Ordre, le Grand Maître s’assurait ainsi l’obéissance fanatique de ses disciples qui lui étaient si
aveuglément soumis qu’ils pouvaient même assassiner, sans poser de question, n’importe qui
lorsque l’ordre leur en était donné. Mais il existe aussi une autre étymologie qui fait dériver
leur nom de l’arabe Assass, gardien. Les Assacine, c’étaient donc les gardiens, gardiens de la
Terre Sainte. Ainsi, les Assassins constituaient un ordre chevaleresque musulman dont les
buts coïncidaient exactement avec ceux des Templiers chrétiens, bien qu’ils fussent antago-
nistes : défense de la Terre Sainte, et non seulement par des combats temporels, mais spirituel-
lement, psychiquement, initiatiquement.

Les Assassins formaient, comme les Templiers, une hiérarchie rigoureuse, étaient totale-
ment subordonnés à leur Grand Maître, qu’ils appelaient le Vieux de la Montagne, et auquel
ils devaient une obéissance absolue. N’en allait-il pas de même pour les Templiers, qui de-
vaient obéir aux ordres que leur transmettait leur Grand Maître à travers la hiérarchie sans
plus discuter que plus tard les Jésuites ne le feront pour les ordres de leur Général : on sait
qu’ils doivent obéir perinde ac cadaver, « comme un cadavre » ?
Or les Templiers avaient eu l’occasion en Terre Sainte de nouer avec les Assassins des
contacts qui furent loin d’être toujours belliqueux. Le fameux sceau du Temple pourrait donc
signifier aussi : la chevalerie chrétienne et la chevalerie musulmane servant le même idéal
traditionnel, symbolisé par la monture commune. Il peut avoir également une autre signifi-
cation qui n’exclut pas la première : l’alliance à réaliser entre l’autorité spirituelle et le pouvoir
temporel. Nous aurions là la représentation du Grand Dessein du Temple, dont il nous faudra
tenir compte.
Ne peut-on pas faire intervenir des contacts plus secrets encore noués lors des invasions
mongoles qui déferlèrent sur la Terre Sainte ? Chose extraordinaire, les Templiers ont conclu
alliance avec les envahisseurs venus d’Asie centrale. En 1298, Jacques de Molay lui-même lan-
cera une expédition templière en Terre Sainte et y remportera de prodigieux mais éphémères
succès. Même, il reprendra un temps Jérusalem en s’alliant aux troupes du Grand Khan de
Tartarie. On pourrait donc se demander si, à l’occasion de ces contacts diplomatiques et mi-
litaires, les hauts dignitaires n’ont pas eu la possibilité de nouer de discrètes relations avec les
lamas d’Asie centrale. C’est une question qu’il convenait de poser.
Bien des développements seraient ici possibles sur la destinée posthume de l’ésotérisme
si jalousement gardé par l’Ordre du Temple. Aujourd’hui encore paraissent des ouvrages qui
se réclament explicitement de ces secrets. Par exemple, dans Oubah, Jacques Breyer affirme
avoir incorporé tous les secrets du Temple, dans cette œuvre étrange où le mélange du sérieux
et du burlesque rappelle les Mystères du théâtre médiéval.
Quels pouvaient bien être ces secrets templiers si soigneusement protégés ? Quelles étaient
ces énigmatiques figures représentant le Baphomet, la prétendue « idole » des Templiers ?
D’étranges têtes barbues, pense-t-on ; ou encore des figures androgynes qui auraient symboli-
sé l’union indissoluble, la complémentarité divine des deux principes, des deux polarités cos-
miques. Mais, et nous retrouvons là le problème de la puissance politique internationale du
Temple, ne peut-on pas voir dans ces figures un talisman particulièrement efficace ? Dans un
livre étonnant, Jean de Fodoas, Maurice Magre, écrivain qui était particulièrement au courant
des choses de l’occultisme, avance l’hypothèse selon laquelle les Templiers disposaient dans
les combats d’une figure baphométique magiquement chargée qui leur assurait la victoire
jusqu’à ce qu’elle leur soit volée, lors d’une rencontre entre l’armée chrétienne et les envahis-
seurs mongols (l’étrange alliance ne s’était pas maintenue longtemps). Maurice Magre écrit :
« Lorsque l’Occident sentit la menace des Mongols, Henri de Silésie réunit toutes les forces
chrétiennes disponibles devant Liegnitz, en Bohême, pour livrer bataille à l’armée mongole
commandée par Kaidou. Il avait avec lui les Templiers et les chevaliers teutoniques, l’élite des
guerriers d’Europe. Sa supériorité numérique était écrasante, et il allait vaincre. Au moment
où les Mongols commençaient à se disperser, les troupes d’Henri de Silésie virent subitement
se dresser au milieu des troupes mongoles, brandie au bout d’une perche, l’image d’une tête
humaine barbue, d’un aspect horrible. On a ajouté plus tard que, autour de la tête, il y avait des
dessins. Et les Mongols eurent la victoire par un brusque redressement qui avait un caractère
magique ». Est-ce parce que l’Ordre avait été abandonné subitement par les forces protec-
trices et avait perdu ce talisman que le roi et le pape ont pu si facilement écraser le Temple ?
Maurice Magre ajoutait : « Il se pourrait bien que les grands conquérants, ceux qui ont une
emprise sur les peuples de l’Univers, fussent des hommes qui se sont servis de la magie et ont
canalisé les forces du monde à leur profit, au moyen de signes ».
Sans aller jusque-là, on ne saurait nier que les très hauts initiés de l’Ordre du Temple
semblent avoir eu des connaissances supranormales étendues. Plusieurs d’entre eux, empri-
sonnés en Touraine, dans le donjon du château de Chinon, tracèrent sur les murs de leurs
cachots des graffiti symboliques, et des générations d’érudits feront assaut de virtuosité pour
les déchiffrer.
C’est sans doute l’alchimiste moderne Eugène Canseliet qui, dans son livre Deux logis
alchimiques, a réussi à interpréter le dessin le plus énigmatique et le plus complexe. On est
stupéfait, en lisant cette interprétation, de voir que les Templiers connaissaient, d’une ma-
nière indéniable, le déroulement à venir du cycle terrestre jusqu’à la période apocalyptique
moderne dans laquelle nous sommes entrés. Cet étonnant dessin ne serait rien d’autre qu’un
diagramme où se trouverait schématisé le déroulement du cycle terrestre tout entier.
Canseliet, dans son ouvrage, pp. 100-101, écrit :
« Du cycle que la nature parcourt invariablement, les Templiers captifs au donjon de
Chinon, dans l’attente du supplice, nous laissèrent parmi d’autres et non moins curieux graf-
fiti, le schéma abrégé, sur la muraille de leur cachot. Dans l’embrasure de la porte, gravé au
stylet sur la pierre tendre, un cercle se distingue nettement dont la partie droite, seulement
amorcée, fut à dessein biffée de traits verticaux. En effet, l’âge d’or et l’âge d’argent étaient
révolus, sur les quatre occupant le cercle en entier, quand les initiés du Temple, vers 1308,
soumirent à la postérité et fixèrent un instant pour elle l’impitoyable marche du temps. Voilà
pourquoi, tel un gnomon projeté sur le cadran cosmique, un rayon parti d’un cercle plus petit,
se situant au centre du tracé et qu’un S nous dit être le soleil, sépare en deux tranches égales
le secteur supérieur englobant l’âge d’airain. Chaque moitié figurant, de la sorte, l’une les trois
cents ans écoulés, l’autre les trois cents ans à parcourir, et chargée d’un B, lequel avait chez les
Latins la même valeur numérale. Ces six siècles sont encore exprimés, en haut et à gauche du
dessin, par les lettres A, B, C, D, E, F, dont la première, de plus grande dimension, est reliée par
une accolade à un A semblable, placé immédiatement au-dessous, pour désigner avec lui, par
l’initiale, les deux âges représentés. A droite du Soleil et légèrement plus haut, on remarque
la Lune, puis la Terre — le globe surmonté de la Croix — dont la destinée s’arrêtera momen-
tanément avec la fin de l’âge de fer, compris dans le quart de cercle inférieur. Là, l’aiguille du
Templier inconnu poursuit maintenant sa progression inexorable, jusqu’à ce que, parvenue à
la verticale, elle marque, dans le fracas des trompettes, le temps de la grande tribulation. Alors
les Elus pourront répéter les paroles prophétiques du visionnaire de Patmos : « Je vis un ciel
nouveau et une terre nouvelle ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la
mer n’existait plus ».
L’Ordre du Temple ne semble-t-il donc pas avoir détenu une connaissance vraiment pro-
fonde, entière, du devenir global de l’humanité et des éventuels moyens de diriger ce devenir,
par l’élévation de la Puissance supérieure latente dans tout être humain ordinaire non encore
« éveillé » ?
Nous nous bornerons à mentionner rapidement certaines caractéristiques templières
dont la connaissance fut répandue. Par exemple, le rôle spécial du nombre 8 (on connaît bien
les chapelles templières de forme octogonale, qu’on trouve à Laon, à Metz, à Londres, etc.),
nombre qui représentait pour les Templiers un symbole sacré du fait de leur dévotion aux
huit béatitudes évangéliques. Par exemple aussi le fameux étendard du Temple, qui ne fut ja-
mais retrouvé (nous aurons à revenir sur cette disparition) et qui était mi-partie noir et blanc ; on retrouve ici symbolisée l’indissociable complémentarité des deux principes, positif et né-
gatif, présents en toutes choses.
Les Templiers ont laissé des traces de leur implantation dans de multiples sites, en France
et à l’étranger, et on y retrouve fréquemment des représentations symboliques.
Notre ami Guy Tarade, infatigable découvreur des sites « insolites » de la Côte d’Azur, a
procédé à une étude approfondie des traces de la présence et du rôle, particulièrement im-
portant, des Templiers dans le comté de Nice. Par exemple, dans le village d’Utelle, l’un des
fiefs templiers de la région, il a découvert — ce sont ses propres termes — une énigmatique
« plaque au serpent ». « Cette plaque, écrit-il, est scellée dans un mur à un mètre cinquante
du sol ; un anneau paraît solidaire de l’ensemble, et cet anneau servait à attacher mulets et
chevaux devant une importante bâtisse. Donc, le cavalier qui entre avec sa bête devait obliga-
toirement se pencher et de ce fait se trouvait face à face avec le symbole ».


 

 

 

 LIVRE DE SERGE HUTIN "Gouvernants Invisibles et Sociétés Secrètes":