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"Le bnai brith possède dans l'organisation dénommée Ami-Diffamation 
League un instrument merveilleux de lutte et de renseignement." 
Paul Jacob. président du District européen, 
Congrès de Florence. 23 août 1966. 

LE PLUS GRAND RÉSEAU D'ESPIONNAGE PRIVÉ 
AUX ETATS-UNIS

Un réseau d'espionnage clandestin 

Le 10 décembre 1992, puis le 8 avril 1993, les locaux de la Ligue 
Anti-Diffamation (A. D .L.) du B'naï B'rith à San Francisco et à Los 
Angeles sont simul tan ément perquisitionnés par des agents du 
F.B.!. Les agents fédéraux vont alors saisir de nombreux documents 
qui prouveront par la suite que l'A.D.L., par le biais de sa Fact Fin-
ding Division (section de recherche documentaire), dirigée depuis 
1962 par Irwin Suall, a constitué - au moins depuis vingt-cinq ans 
- un très vaste réseau d'espionnage, non seulement contre des 
militants politiques de droite ou de gauche, mais aussi contre des 
églises, des clubs, des associations à buts locaux ou internationaux. 
Son chef, Irwin Suail vient de la gauche la plus militante. Lorsqu'il 
était étudiant à Oxford, il a milité dans un club travailliste d'extrême 
gauche (trotskiste), avant de reve nir aux U.S.A., où il deviendra le 
chef du Jewish Labor Committee, une organisation gauchiste. En 
1957, il sera élu secrétaire national du Parti socialiste d'Amérique 
(Socialist Workers Party), une organisation trotskiste membre de la
IV' Internationale communiste. Moins de cinq ans plus tard, il 
devient permanent de l'A.D.L. 
La police va découvrir que la plupart des " cibles» espionnées 
par l'A.D.L. n'ont jamais eu aucun lien direct ou indirect avec la 
communauté juive, n'ont jamais pris position en faveur ou contre 
Israël. Ce service d'espionnage a été mis au point grâce au réseau 
national d' " amis officiels » de l'A.D.L., policiers, shérifs ou même 
agents du FB.!., à la retraite ou en exercice. C'est de manière tota-
lement annexe que le réseau sera découvert, l'enquête du F.B.!. -
menée durant deux ans - portant sur le réseau d'espionnage sud-
africain aux Etats-Unis. A San Francisco, Tom Gerard, officier de 
renseignements de la police de cette ville, est fortement soupçonné 
d'avoir vendu des informations sur les militants an ti-apartheid de 
Californie à Humphries et Louie, deux agents sud-africains qui tra-
vaillaient au consulat sud-africain de New York. Le domicile de 
Gerard, mis sous surveillance, est ~onc perquisitionné en décembre 
1992, alors que l'intéressé, averti semble-t-il par des collègues, vient 
de s'enfuir aux Philippines, pays soigneusement choisi car il n'a pas 
de traité d'extradition avec les U.S.A. (Gerard devait finalement 
revenir se livrer aux U.S.A. quelques mois plus tard) . De nom-
breuses fausses pièces d'identité à son nom sont découvertes. Elles 
ont été établies par les diverses ambassades dans lesquelles Gerard a 
séjourné dans les années quatre-vingts pour le compte de la C.l.A. 
Cen particulier au Salvador en 1982-1985, comme expert en explo-
sifs pour des «( missions spéciales )), c'est-à-dire de contre-terro-
risme) . Gerard, chargé de la liaison avec le FB.!. à San Francisco 
(ce qui lui donne un accès direct aux fichiers du F.B.!.), y est spé-
cialisé dans la surveillance des milieux arabes. 
La police découvre à ce moment que Gerard travaille à l'occa-
sion avec un certain Roy Bullock, non seulement pour le dossier 
sud-africain mais sur d'autres sujets, en particulier les questions 
arabes. Or ce Bullock, qui se camouflait sous la profession de mar-
chand d'art, va apparaître au cours de l'enquête policière comme un 
important informateur permanent rétribué de la Fact Finding Divi-
sion de l'A.D.L., ce, depuis le début des années soixante au mini-
mum. Chaque semaine, son chèque de salaire était blanchi par 
l'A.D.L. en utilisant pour intermédiaire un avocat très connu de 
Beverley Hills, Bruce Hochman, responsable pour la Californie du 
Jewish Federal Council et ancien président de sa section de Los 
Angeles. Il en était de même de l'argent des renseignements que 
Gerard vendait à Bullock pour le compte de l'A.D.L. On devait 
apprendre par la suite qu'Hochman appartenait également à un 
comité secret, créé par le sénateur Pete Wilson, chargé de sélectionner pour les promotions et postes à pourvoir les juges fédéraux 
" allant dans le bon sens ", c'est-à-dire favorables aux intérêts com-
munautaires, Depuis 1985, Bullock (qui était également un infor-
mateur rétribué du F,B.I.) avait reçu par le biais de l'A.D.L., via 
Hochmann, la coquette somme de 170 000 dollars (soit environ un 
million de francs), en provenance d'un compte alimenté par le res-
ponsable de l'A.D .L. de Los Angeles, David Lehrer. 
Ayant reçu l'assurance d'échapper à toute poursuite comme cela 
se fait dans la justice américaine en échange d'aveux circonstanciés, 
Bullock va (' balancer , le réseau d'espionnage. (, Avec les premières 
pressions de la part de la communauté juive de San Francisco, poli-
tiquement bien introduite, les autorités locales ont laissé entendre 
qu'elles limiteraient probablement leur enquête au rôle de M. Gerard 
et feront appel à des services" extérieurs ", comme le FB.I., pour se 
pencher sur le rôle des autres suspects (1 ). , Le pouvoir d'influence 
de la communauté juive est tel que c'est la police de San Francisco 
qui a été obligée de perquisitionner les locaux de l'A.D.L. à Los 
Angeles, la police locale ayant refusé de coopérer plus directement 
dans le cadre de l'enquête. Pourtant, il y a peu de chances que 
l'A.D .L. perde son statut fiscal privilégié et l'affaire devrait donc 
être étouffée judiciairement. Néanmoins de nombreux éléments sur 
le réseau d'espionnage de l'A.D.L. sont désormais disponibles. Pour 
le procureur général de San Francisco, Arlo Smith, il s'agit du 
« plus vaste réseau d'espionnage opérant à l'échelon national , 
jamais démantelé aux Etats-Unis. Comme l'écriront les éditorialistes 
du San Francisco Chronic/e, t'hillip Matier et Andrew Ross, le dos-
sier de San Francisco est " seulement la pointe de l'iceberg d'un 
réseau national d'espionnage et de fuites organisées des services de 
sécurité .), étant établi que l'A.D.L. compte une bonne trentaine de 
bureaux permanents sur le territoire américain, et donc, subodore la 
police, autant de centres d'espionnage opérationnels locaux. Les 
deux journalistes le confirment, ajoutant que « les autorités estiment 
que les policiers d'au moins une demi-douzaine d'autres grandes 
villes ou de polices fédérales sont également impliquées dans 
l'échange ou la vente de fiches de police confidentielles ». Même 
son de cloche du San Francisco Examiner, pour qui « les détectives 
de l'A.D.L. sont en relation avec les polices locales et les shérifs 
pour obtenir des accès aux dossiers confidentiels ainsi qu'au fichier 
des véhicules, en violation avec la législation pénale ". 
Pour le Los Angeles Ti",e, BuJlock « travaillait en relation étroite 
avec des officiers de police de divers départements et collectait des 
renseignements aussi confidentiels que les casiers judiciaires, les 
fiches de renseignements nominatives, les photos des permis de 
conduire, les adresses personnelles, les cartes grises de voitures. 
Certains de ces renseignements pouvaient être très utiles en cas de 
surveillance du domicile ou de mature, D'autres informations confi-
dentielles sont de grand intérêt p our des gouvernements étrangers 
s'intéressant aux activités politiques de leurs visiteurs en provenance 
des Etats-Unis. » A l'appui de cette thèse, des fiches de diverses 
polices ont été trouvées dans les locaux californiens de l'A.D.L., 
non seulement en provenance de San Francisco et de Los Angeles 
mais également d'une vingraine de départements de la police et d'of-
fi ces divers de sécurité de Californie, ainsi que de Portland (Ore-
gon). Il faut savoir que l'A.D .L. et le B'naï B'rith, pour se concéder 
les grâces de la police, ont offert systématiquement de somptueux 
voyages gratuits en Israël à de nombreux responsables policiers, tel 
l'ancien chef de la police de San Francisco, Frank Jordan, qui se 
rendit en Israël en juin 1987, avec T om Gerard. Autre exemple, en 
ma i 19 91 , Mira L a nsky Bo la nd, .ch ef du d ép artem ent des 
recherches de l'A.D .L., accompagnait onze policiers de haut rang 
pour un voyage en Israël, tous frais payés. 

Un fichier de douze mille noms 

Les policiers devaient notamment découvrir lors de leurs perquisi-
tions un fichier informatisé très détaillé portant sur près d'un millier 
d'associations (y compris G reenpeace, des associations anti-avorte-
ment, des associations an ti-vivisection ou de protection de la nature, 
voire des syndicats comme l'United Farm Workers Union) et com-
prenant plus de 12 000 noms (dont 9 876 « militants politiques» au 
sens large), parmi lesqu els 6 000 Californiens du Sud. F igurent 
dans les fiches des militants an ti-apartheid, des journalistes (dont 
l'intégralité des responsables de télévision de San Francisco), des 
membres du M ouvement noir des droits civiques, des Juifs pour 
Jésus, de l'Asian Law Caucus, d'Act Up (une association d'autant 
plus facile à infiltrer que Bullock était homosexuel), ainsi que des 
hommes d'affaires ou commerçants d'origine arabe. Les associations 
arabes noteront qu'un grossiste d e Chicago, M ohammed Jarad, qui 
figurait sur les fi chiers de l'A.D.L., a été arrêté quelques mois aupa-
ravant lors d'un voyage en Israël pour le compte d'une organisation 
charitable. Accusé de soutenir le Hamas (islamistes palestiniens), il 
fut sévèrement interrogé par des agents du M ossad, les mains liées 
derrière le dos durant trois jours, et ne dut sa remise en liberté qu'à 
u ne vigoureuse intervention de l'ambassade américaine. Wilbert 
T atum, directeur de l'Amsterdam News, l'un des principaux journaux 
noirs américains, a alors mené une vaste campagne dans son journal, et au sein de la communauté noire, prenant pour cible Abra-
ham Foxman, directeur de l'A.D.L., afin de protester contre le 
fichage systématique des militants noirs américains. 
Bullock devait reconnaître qu'il avait obtenu de source poli-
cière, non seulement l'intégralité des dossiers concernant les organi-
sations d'extrême droite ou néo-nazies, mais des fiches sur au 
moins 1 394 personnes et avoir récupéré les numéros de véhicules 
d'au moins 4 500 membres du Comité des Américains d'origine 
arabe contre la discrimination. Plus d'une vingtaine des personnes 
figurant dans le fichier avaient déjà porté plainte début mai 1993. 
Parmi elles, plusieurs parlementaires républicains, comme Nancy 
Peiosi ou Ron Dellums, la femme d'un ancien sénateur républicain 
de Californie, Pete M cCloskey, etc. A également porté plainte 
Yigal Arens, le propre fil s de l'ancien ministre de la Défense 
Moshe Arens, qui a découvert qu'il était espionné et fiché pour 
avoir osé critiquer la politique israélienne dans les territoires occu-
pés. L'A.D .L. fiche en effet les juifs, aussi bien ceux qui ne sont
pas des inconditionnels de l'Etat d'Israël que les extrémistes reli-
gieux comme les supporters du rabbin M eir Kahane Qewish 
Defense League) ! 
Roy Bullock était déjà connu des militants de la droite améri-
caine conservatri ce pour avoir essayé notamment d'infiltrer dès 
1969 le Liberty Lobby. Lequel Liberty Lobby tentera mais sans 
succès véritable dans les années quatre-vingts de prouver que 
l'A.D.L., qui n'est pas enregistrée aux U.S.A. auprès du Congrès, 
comme cela est demandé aux associatio ns non américaines ou 
œuvrant pour le compte d'un pays spécifique (lobbying), était en 
réalité une agence étrangère travaillant au seul profit d'Israël, accu-
mulant des dossiers sur la droite antisioniste. Le Liberty Lobby 
était en dessous de la réalité 1 Au cours des années, Bullock avait 
infiltré avec succès des dizaines de groupuscules et partis améri-
cains, comme le Parti populiste, et diverses associations arabo-
améri caines, comme l'Association 'des étudiants libye ns ou le 
Comité des Américains d'origine arabe contre la discrimination. 
Il y réussira si bien qu'il ira jusqu'à conduire une délégation auprès 
de divers élus du Congrès. II semble que les données qu'il avait 
recueillies ou achetées ont largement servi dans la rédaction d'un 
document de l'A.D.L., Pro-A rab Prapaganda in America: Vehic/es 
and Voices (La Propagande pro-arabe aux Elals-Unis : véhicules el 
voix). C'est pour ces raisons que, dès 1986, le Liberty Lobby avait 
accusé Bullock d'être un agent rétribué de l'A.D.L., mais l'intéressé 
avait pu nier, le Liberty Lobby ne disposant pas de preuves maté-
rielles suffisantes. 
Par la suite, Bullock devait donner d'autres renseignements sur 
le réseau d'espionnage qui existerait depuis au moins trente ans. 
Chaque responsable de renseignement avait un nom de code, afin 
de favoriser un meilleur cloisonnement : Bullock lui-même était 
appelé Cal. A C hicago, le responsable de l'espionnage pour le 
compte de l'A.D.L. est un ancien officier de police, dont le nom de 
code est CHI-3 ; à Saint Louis, c'est Ironsides ; à Atlanta, l'homme 
parlant couramment l'arabe, dont le nom de code était Flipper, a été 
identifié : il s'agit de Charles Malik, un Palestinien se présentant 
généralement comme prêtre catholique. A la suite des perquisitions, 
le San Francisco Weekly, hebdomadaire de l'université de San Fran-
cisco, publiait une enquête prouvant que certains étudiants juifs du 
campus avaient reconnu espionner pour le compte de l'A.D.L. 
d'autres étudiants ou professeurs, notant systématiquement les 
remarques sur les juifs ou Israël que pouvaient faire tel étudiant, tel 
employé ou tel profe sseur. On sait donc désormais que l'A.D.L. 
fiche systématiquement toute personne faisant part de sentiments 
CrItiques vis-à-vis d'Israël, y compris les lecteurs de journaux écri-
vant au courrier des lecteurs. 
Pour le compte de l'A.D.L., Bullock devait aussi s'acquitter de 
nombreuses missions illégales comme la pose, moyennant finances, 
d'une table d'écoutes clandestine sur le répondeur d'une organisa-
tion néo-nazie, la White Aryan Resistance. Il fouillait régulièrement 
les poubelles des « cibles " et montait diverses opérations de provo-
cation. Il faut savoir que toutes les incroyables révélations de Bul-
lock ont été confirmées depuis lors par celles d'un " repenti " de 
l'A.D .L. de Los Angeles, David G urvitz, qui décida de coopérer 
volontairement avec la police par dépit de ne pas avoir obtenu le 
travail qu'il souhaitait. Ce derrtier devait préciser qu'il entrait en liai-
son, lorsque le cas le méritait (comme par exemple un voyage 
d'Américains d'origine palestinienne en Israël), avec le consulat 
israélien à Los Angeles. 
M algré l'évidence et la multiplicité des preuves, l'A.D .L., qui 
reçut le soutien de la quasi-totalité des organisations juives améri-
caines, devait rejeter toute véracité du dossier, affirmant que Roy 
Bullock, collaborateur extérieur, travaillait pour son propre compte, 
et que les sections de recherche de l'A.D .L. ne s'intéressaient, de 
manière privée, qu'aux « organisations extrémistes », Selon le direc-
teur régional de l'A.D.L. de San Francisco, Ri chard Hischaut, 
, l'A.D.L. n'a jamais réalisé de fi ches sur des Américains d'origine 
arabe ou sur des organisations arabes dans ce pays. N os investiga-
tions et notre travail se Jjm.iterit strictement aux groupes extrémistes 
et aux organisations qui voudraient s'attaquer aux Juifs, et aux 
autres minorités, y compris les Américains d'origine arabe ( ... ) 
Notre ligne de conduite et notre credo ont toujours été, dans nos 
travaux de recherche, de respecter un haut niveau d'éthique et cela, 
en conjonction avec la loi. " Il ne s'agit que de s'opposer aux " enne-
mis du peuple hébreu avec les instruments de l'investigation et de la 
recherche de l'information ". David Lehrer, directeur de l'antenne 
de Los Angeles, devait même aller plus loin : " Il n'y a rien de scan-
daleux dans la manière dont nous opérons ou de ce que nous avons 
fait. N otre passé contre les fanatiques parle pour nous. " Le direc-
teur international de l'A.D.L., Abraham Foxman, devait être moins 
direct : en raison de la nature confidentielle et sensible de l'enquête, 
« to u t comm e ntair e se rait in appro p rié à la s itu ati o n » . L e 
N .].C.R.A.C., qui regroupe 11 7 associations juives, devait affirmer 
que " tous ceux qui défendent les droits civiques sont redevables à 
l'A.D.L. ", ct le Congrès juif mondial (qui regroupe 86 associations 
et groupes juifs) déclara qu'il , avait toute confiance dans l'intégrité 
des opérations menées par l'A.D .L. ". La réponse la plus franche 
devait venir du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin 
(, Ce Gerard est un héros. , 

Une vieille habitude 

Le fichage systématique de ses « adversaires ,) par l'A.D.L. n'est 
pourtant pas nouveau, même si les preuves étaient jusqu'alors plus 
ténues et de moins d'ampleur. Le Congressimlal Record, l'équivalent 
de notre Journal officiel de rAssemblée nationale (2), rapporte par 
exemple que le républicain Clare Hoffman interrogea un jour sur 
l'existence d'un fichier de la Commission du service civil, composé 
de 250 000 fiches (, qui contiennent des informations, des avis, des 
rumeurs et des ragots sur les avis, les opinions et les actions des 
sénateurs, de leurs épouses, des membres du Congrès et de per-
sonnes impliquées dans la vie publique ( .. . ) Selon mes renseigne-
ments, sur de nombreuses fiches, figurent des notations comme 
celle-ci: " cette fiche a été copiée sur les fiches des (individus) sub-
versifs en possession des avocats Minzer et Levy, de New York. 
Ces fiches ont été réalisées en coopération avec le Comité juif amé-
ricain et la Ligue Anti-Diffamation. La source de cette information 
ne doit pas être révélée quelles que soient les circonstances et ne 
doit pas être rapportée. Des renseignements complémentaires 
concernant cette fiche peuvent être obtenus en s'adressant aux cabi-
nets de Minzer et Levy. " ') Il lui fut alors brièvement répondu que 
le système de cartes avait été constitué sans autorisation et que les 
fiches litigieuses seraient écartées. 
Second exemple, dans Ceta n'a pas été le travail dun seul jour 
(Not the work of a day), qui retrace l'histoire officielle de l'A.D.L., il 
est indiqué qu'en 1936, « l'A.D .L. s'organisa pour dévoiler l'apparte-
nance de nombreux Américains qui soutenaient Kuhn ,), alors le 
leader du Bund, un mouvement juif socialiste antisioniste. Bien que 
la liste des adhérents du Bund soit secrète, " la Ligue disposait de 
ses propres enquêteurs infiltrés dans l'organisation, comme le 
propre chauffeur de Kuhn , . Troisième exemple, dans le magazine 
T1'lte (3), trois responsables de premier plan de l'A.D.L., Benjamin 
Epstein, Seymour Graubard et Dore Schary, se vantent de l'usage 
d'agents infJ.!trés et de pièges tendus sous de fausses identités. 
Plusieurs exemples de fichage de citoyens privés, avec des 
méthodes relevant de l'espionnage, figurent dans Conspi1'acy against 
freedom (4). L'auteur, membre du Liberty Lobby, a obtenu grâce au 
Freedom Information Act (l'équivalent, en beaucoup plus libéral et 
poussé, de la Commission d'accès aux documents administratifs), de 
multiples documents en provenance de l'A.D.L. et tournant autour 
du Liberty Lobby et le Spotlig/IL, son hebdomadaire. Voici trois 
lettres assez ~( croustillantes » qui en sont extraites: 
" Pour Harry Rosenkranz 
de Samuel Lewis Gaber 
30 avril 1976 
objet: The Spotlight 
Cher Harry, 
Je t'envoie cette requête dans l'espoir que tu pourras lancer une 
enquête de recherche. Nous avons été sollicités pour s'informer sur un 
individu et/ou une société qui est domicilié Appartement 200, 372 Bay 
Street, Toronto, Ontario, M5H 2X2. Un exemplaire du Spotlight a été 
envoyée de Toronto à Pittsburgh dans une enveloppe réponse profes-
sionnelle. Le numéro de la machine à affranchir de Toronto est 
145021. Pour ton information, j'ai tenté de photocopier l'adresse de 
retour et le timbrage automatique. Sois suffisamment aimable pour me 
tenir au courant de cette affaire. Je te remercie une nouvelle fois pour 
les aides nombreuses que tu nous as déjà apportées. 
Amitiés. 
signé: SLG 
copies à Theodore Freedman, Justin Finger, Jerome Bakst, 
Mort Kass, Irwin Suall. >, 
(Il s'agit exclusivement de responsables de l'A.D .L.) . 
Deuxième lettre, qui, au vu de sa formulation, laisse supposer 
que des circulaires identiques ont été envoyées à tous les bureaux 
A.D.L. des Etats américains : 
,< Mémorandum 
de : Charles F. Wittenstein 
à : Mark Briskman 
date: 20 mai 1977 
objet : Registres fmanciers du Liberty Lobby en J 975 et 1976. 
Vous trouverez ci-dessous la liste des personnes qui ont versé 
500 dollars au minimum au Liberty Lobby dans votre région: 
Sylvia R. Turner, Dallas, Texas, 2 000 dollars 
Vous être priés de nous fournir des informations à jour sur 
chacune de ces personnes. Envoyez les résultats de vos recherches 
directement à Irwin Suall avec des copies à Bakst, Kohler, Teitel-
baum et moi. 
Merci pour votre coopération. 
signé: C harles 
copies à : Irwin Suall, Jerome Bakst, Robert Kohler, Arthur N. 
Teitelbaum. >, 
Troisième lettre, mettant en action un enquêteur privé, discrè-
tement désigné par des initiales, " T.D. ". 
(( Mémorandum 
de : Mark Briskman 
à : Irwin Suall 
date : 6 juin 1977 
sujet: Sylvia R. Turner, D allas 
Le 20 mai 1977, Charles Winenstein m'a envoyé un courrier 
demandant de plus amples renseignements sur le sujet ci-dessus. Elle 
a contribué volontairement de 2 000 dollars au Liberty Lobby. Notre 
enquête préliminaire nous a permis de trouver une Sylvia Turner à 
Dallas. T.D. a visité cene Mm< Turner qui s'est révélée être une 
femme de race noire. Après une rapide discussion, il est apparu évi-
dent que cette Mm< Turner n'avait rien à voir avec le Liberty Lobby. 
Avant de continuer notre enquête, avez-vous une adresse ou un 
numéro de téléphone ? Toute information sera la bienvenue. 
Mercie et amitiés. 
signé: MB 
copies à : Charles Winenstein, Jerry Bakst, Mort Kass. 
Irwin Suall devait alors lui répondre : 
Mark, je suis désolé; je n'ai pas d'autres renseignements. J'igno-
rais que vous utilisiez T.D. Passez-moi un coup de téléphone pour 
que nous en parlions. » 
Qui était donc ce mystérieux « T.D . » ? 
Lors d'un procès récent avec le Liberty Lobby, Alan M. 
Schwartz, directeur des enquêtes et des évaluations de la Ligue 
Anti-Diffa mation, fit une très intéressante déposition de quatre 
heures devant le tribunal de New York, après avoir été poussé dans 
ses retranchements par l'efficace avocat du Liberty Lobby, Mark 
Lane (5) . Il devait reconnaître les techniques d'enquête très particu-
Lières de son organisation, ses méthodes « hors normes l~ , ses liaisons 
avec les organismes de police, de justice ou les services secrets, etc. 
Dans son livre, Squat'e One (6), Arnold Forster, conseil principal de 
l'A.D.L., pour lequel il travaille depuis une cinquantaine d'années, 
raconte une opération menée contre un dirigeant politique : « Ce 
détective, qui avait travaillé dans les services secrets avant d'être 
engagé comme enquêteur par l'A.D.L., après avoir réussi à entrer 
(illégalement) dans cette maison, photocopia subrepticement des 
listes d'adresses, des listes de donateurs, les sources d'information, 
les publications qui coopèrent, son réseau de relations de la même 
mouvance et sa correspondance avec les personnes dans le monde 
du fanatisme anti Juif. ,) 
Au début des années 80, le B'naï B'rith s'est fait prendre en fla-
grant délit d'enquête poussée un peu trop loin par l'enquêté lui-
même, Jack Sunderland, un homme d'affaire new-yorkais. Président 
des Américains pour une meilleure compréhension au Moye n 
Orient, il apprit au retour d'un voyage qu'un homme avait visité 
nombre de ses voisins, posant des questions très personnelles sur 
lui, sa famille, ses projets pour ses enfants, ses déplacements, etc, 
Sunderland engagea alors un détective, lequel, avec la coopération 
du F.B.r., découvrit l'identité de l'enquêteur : un étudiant juif du 
supérieur qui avait eu, en outre, accès illégalement à des informa-
tions informatisées comme le compte en banques et les emprunts de 
Sunderland. L'étudiant reconnut travailler pour le B'naï B'rith, qui 
préparait un dossier sur les personnalités pro-arabes aux U.S,A 
Malgré les aveux de son employé, la direction du B'naï B'rith refusa 
de rencontrer Sunderland personnellement, mais s'engagea à ne pas 
publier son nom dans son futur rapport. Lorsque celui-ci parut, en 
janvier 1983, sous le label de l'AD.L. (Pro-Arab Propaganda in 
America,' Vehic/es a1Jd Voices ), les principaux responsables de l'asso-
ciation de Sunderland étaient listés comme des « véhicules » de la 
propagande pro-arabe, mais pas Sunderland lui-même (7). 
Dans une même optique, Arnold Foster, responsable de l'AD.L., 
dans Square One, admet que des membres de son organisation n'ont 
pas hésité à photocopier des correspondances privées, en empruntant 
le courrier d' « extrémistes ,) dans leur boîte aux lettres. Autre 
exemple, le portrait du nouveau président national de l'A.D.L., Bur-
ton S. Levinson, en 1986 (8) révèle qu'il s'est livré en personne à des 
missions d'infJ.ltration lorsqu'il é\llit étudiant au Los Angeles City Col-
lege. Levinson, qui présidait à l'époque (1950) l'association de jeu-
nesse du B'naï B'rith, rejoignit le Parti national chrétien de Gerald K. 
Smith, également directeur de The Cross and The Flag, un bulletin 
extrémiste. Levinson assistait à l'ensemble de ses réunions de manière 
à pouvoir rapporter à la section locale de l'A.D.L. ce que projetaient 
de réaliser les militants nationalistes et qui ils étaient. 
On est évidemment un peu éloigné des buts originels de 
l'AD,L., vantés par le président John Kennedy: « Votre organisa-
tion devrait elle-même recevoir un prix pour ses contributions 
exceptionnelles à l'enrichissement de la légalité démocratique de 
l'Amérique. Votre combat sans fm pour une égalité de traitement 
entre tous les Américains a été une contribution constante et sub-
stantielle à notre démocratie. » 

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